jeudi 5 juin 2008

Coups de coeur cannois


Un petit aperçu et quelques notes de mon passage à Cannes....

"Boogie" de Radu Muntean 2008/ Roumanie 1h43
L'air de rien , un film plus profond qu'il n'y parait: une réflexion sur un couple qui découvre la vie avec un enfant et les responsabilités qui en découlent. Lui surtout est un peu perdu, retrouvant des copains de lycée, soi-disant
"libres" mais mal dans leur peau. Etonnant de naturel grâce à des acteurs tous excellents.

"Les bureaux de dieu" de Claire Simon 2008 France / Belgique 2H02
Le film a pour cadre un planning familial et nous offre des situations de vie toutes authentiques, remarquablement mises en scène. Nous sommes émus par ces histoires humaines, ordinaires ou bouleversantes , incroyables parfois mais toujours fortes. Merci à Claire Simon d'avoir remis au goût du jour ce lieu un peu dans l'ombre ces dernières années. La salle de la Quinzaine était bondée, hommes et femmes lui ont offert une superbe ovation à la fin. A saluer, le jeu remarquable de tous les acteurs, professionnels ou non.

"Le dernier maquis" de Rabah Ameur-Zaîmeche 2007 /France/ algérie 1H33
Dans une zone industrielle apocalyptique où l'on fabrique des palettes de bois rouge vif, un patron musulman dirige son entreprise avec fermeté. Le film nous dévoile un monde du travail peu connu où des ouvriers noirs et arabes travaillent ensemble. Humour et réalisme se mêlent, les dialogues ne nous lâchent pas. Le réalisateur joue lui-même le patron"Mao"...Non acteurs et acteurs donnent à cette fresque parfois surréaliste, une présence étonnante.Le propos sur le fil qui aborde conditions de travail et religion devrait faire causer, une bonne chose!

"Slepe lasky" de Juraj Lehotsky 2008 , République de Slovaquie 1h17
Bravo à la "Quinzaine"d'avoir sélectionné ce film slovaque un docu-fiction sur l'amour entre personnes aveugles. Quatre histoires très différentes, parfois bouleversantes, nous ouvrent sur des horizons positifs, c'est rare! . On apprécie le jeu spontané des acteurs qui jouent leur propre rôle. Courageux.
Françoise Ligier.

lundi 19 mai 2008

Les jeunes aux infos, ça donne quoi ?

Quelle place les journaux télévisés réservent-ils aux jeunes ? Après visionnage des 13 heures de France 2 toute la semaine dernière (du lundi 12 au dimanche 18 mai 2008), on serait tenté de répondre qu’elle n’est pas bien importante. Evidemment, lundi de Pentecôte oblige, ce sont les personnes âgées qui étaient à l’honneur ce jour-là, et c’est bien normal. Tout comme le traitement et le suivi en plusieurs « épisodes » des dossiers lourds de l’actualité, tels que le tremblement de terre chinois qui a causé plusieurs dizaines de milliers de morts, la mise en place de l’aide internationale en Birmanie et, en France, deux sujets politiques à l’origine de polémiques : le service minimum d’accueil dans les écoles en cas de grève et le projet de loi sur les OGM.
Pas de « grosse actu » sur les jeunes donc, mais on sent tout de même qu’ils préoccupent l’opinion par le biais des quelques brèves et reportages qui leur étaient consacrés ces derniers jours. C’est déjà un bon point, on s’y intéresse ! Lundi, d’abord, à l’annonce de Jean-Louis Borloo de rendre obligatoires les éthylotests dans les débits de boisson. « C’est une très bonne chose, s’enthousiasme un femme au micro du journaliste. Peut-être plus pour les jeunes car ils ne sont pas conscients du danger ». Effectivement, on nous le rappelle dans le reportage : ils sont la « cible prioritaire » de cette action. Or, pour la petite piqûre de rappel, Elise Lucet est revenue vendredi sur ces mesures préventives en expliquant que les enseignes de supermarchés ont signé une charte, afin d’afficher dans les rayons des pancartes précisant que la vente d’alcool est interdite aux mineurs. La raison est simple : « la consommation d’alcool chez les adolescents devient inquiétante », nous dit-on, discours relativement récurrent dans les médias ces temps-ci.
Autre source de souci : les relations des jeunes à Internet. Mercredi, un sujet de deux minutes détaille les dernières mesures favorisant le contrôle de la navigation des enfants sur le web. Alors que le gouvernement envisage d’intercaler, comme cela se fait déjà dans d’autres pays européens, des pages qui bloqueraient l’accès à certains sites jugés inappropriés dans le cadre d’une consultation par un public jeune, MSN lance de son côté un logiciel gratuit de contrôle parental, permettant notamment d’accepter ou de refuser les contacts de ses enfants. Le lendemain, en guise de sonnette d’alarme, on enchaîne avec l’annonce de la disparition de Fatima, 20 ans, qui avait rendez-vous avec un inconnu suite à une annonce qu’elle avait passée sur Internet pour proposer ses services de baby-sitter. Or, on ne le sait que trop, les personnes portées disparues sont nombreuses. Si celle-ci a attiré l’attention des caméras de France 2, c’est sans doute en partie parce qu’elle est liée à l’usage du net...
Et justement, Internet est aussi une voie de communication qui favorise ce que l’on appelle la « prostitution étudiante », thème du Magazine du samedi. Des jeunes – le plus souvent des filles – « monnayent leur corps » pour financer leurs études. De quoi terminer la semaine en beauté pour les parents qui n’étaient pas assez angoissés par les reportages précédents ! Heureusement quand même, Laurent Delahousse souligne qu’il ne s’agit pas d’une « tendance lourde ». On respire… Bien que lui-même cafouille un peu dans sa présentation : il parle d’abord d’un « phénomène qui existe », puis somme deux minutes plus tard au téléspectateur de ne « pas en faire un phénomène »… Là, on est un peu perdus. Par la suite, on s’affole encore. Une jeune femme témoigne et raconte : « Je ne suis pas la seule ». D’après elle, cela serait coutumier « partout, partout en France ». Mais ce sont surtout les dires d’une de ces filles qui interpellent, quand elle explique devant la caméra qu’en fait il y a d’autres moyens de gagner de l’argent et que si l’on choisit ce biais-là c’est aussi pour le « fantasme », parce que c’est « un jeu qui peut être sympa si l’on tombe sur quelqu’un de bien ». Là encore, on accueille la nuance avec soulagement : une personne membre d’une association venant en aide aux jeunes prostitués va à l’encontre de ces déclarations en insistant sur le fait qu’ « on ne devient jamais prostitué par choix ».
Décidément, les sujets qui touchaient aux jeunes cette semaine avaient de quoi faire froid dans le dos. On a quand même cherché des choses un peu plus gaies… « Un adolescent de 14 ans interpellé pour le feu qui s’est déclaré dans la gare de Coutras »… non, toujours pas ! Un autre jeune a d’ailleurs fait l’actualité suite à un délit, mais cette fois ce sont surtout les policiers qui ont été montrés du doigt… Selon les témoins, l’arrestation d'Akim, 22 ans, a été « très musclée ». Il est finalement décédé le jour-même. Pour le caractère joyeux, on fait encore un « flop »…
L’exception, c’était mardi. La remontée de Grenoble en Ligue 1 de football relégation nous a offert des images de jeunes festifs. Pas de casse, pas de bagarre, on nous parlait seulement d’un « pure délire de supporters qui font tout et n’importe quoi dans le centre ». Au moins, à défaut de démarche innovante et réfléchie, la bonne humeur était bien là ! D’autant que quelques minutes avant, un reportage sur la sauvegarde des langues régionales avait mis l’accent sur les écoles occitanes en donnant la parole aux collégiens. Il y a donc de l’espoir, les jeunes aux infos, ça peut aussi être pour le meilleur et non pas toujours pour le pire… Virginie Gruenenberger

mardi 13 mai 2008

"Justice" enflamme la toile

Comme il a l’air loin le temps où le duo d’électro français Justice nous présentait des clips colorés et emprunts de bonne humeur. Lointain soudainement l’air joyeux et dansant de leur dernier single qui cartonnait dans les cours des lycées et sur les pistes de discothèques. Il y a en effet un fossé incroyable entre la valse des T-shirts du tube Dance et le matraquage haineux de Stress, dont le clip circule en ce moment sur le net. Pendant plus de six minutes, sur une musique angoissante, des jeunes d’une cité encapuchonnés s’offrent une petite virée et cassent tout sur leur passage… et surtout la figure des passants. Evidemment, ça interpelle. Et ce d’autant plus que les jeunes en question sont des noirs et des maghrébins et que l’on colle ainsi aux stéréotypes malheureusement tenaces qui circulent sur les cités. La « racaille », c’est évidemment eux ! Bien sûr, on peut y voir un clip « coup de poing », avec l’intention de provoquer à l’extrême pour marquer les esprits. On a envie d’y croire en tous cas, surtout lorsqu’on sait que le réalisateur de cette petite bombe de violence n’est autre que Romain-Gavras, fils du cinéaste Costa-Gavras. Cela ne peut qu’étonner puisqu’il fait partie du collectif d’artistes Kourtrajmé, dédié à la passion du hip-hop et de la culture urbaine, et qui compte parmi ses membres Vincent Kassel et Mathieu Kassovitz, tout deux largement engagés dans des actions pour les jeunes vivant dans les cités.
Mais tout de même, on cherche le message… En vain. Une déferlante de révolte liée à ce que la société propose aux classes sociales les moins favorisées ? Des actes de violence et de vulgarité absurdement gratuits ? La représentation stéréotypée et exacerbée qu’a la population française de ces jeunes de banlieue ? On ne sait trop où le groupe se positionne, d’autant que ni ses membres ni le réalisateur du clip n’ont souhaité s’expliquer auprès des médias. On retient par contre les doigts d’honneur, les insultes, la casse, les voitures qui brûlent etc. et on le regrette ! Car ces images créent une polémique qui, encore une fois, donne une bien piètre vision de la jeunesse de ces quartiers! Injuste Justice… Emma

mercredi 23 avril 2008

La presse jeunesse en péril ?


On avait eu une grosse frayeur lors du rachat de Milan Presse par Bayard. Aujourd’hui, c’est Fleurus Presse qui est menacé. Le Groupe du Monde a annoncé sa cession il y a peu et les salariés ont entamé des actions pour exprimer leur mécontentement, dont la grève. Même si les titres de Fleurus sont moins connus que ceux de Bayard ou Milan, ils sont souvent des supports pédagogiques précieux pour les enfants et adolescents. D’Abricot aux Petites Princesses, en passant par Le Monde des Ados ou Histoires Vraies, les plus jeunes y trouvent de quoi leur donner goût à la lecture, à l’expression et à l’actualité.
Or, avec ce plan annoncé par Le Monde, leur avenir est très incertain. Vont-ils trouver un repreneur? Va-t-il y avoir des titres supprimés? Partout, on assure que la presse écrite « est en crise ». Et il est vrai que les chiffres sont parfois alarmants. Mais le danger est encore plus palpable quand on touche à la presse jeunesse. En effet, on peut se demander si ces lecteurs à qui l’on risque de supprimer leur titre préféré ne représentent pas une partie du lectorat de demain... ce qui ne présagerait rien de bon pour ce secteur dans les années à venir. Il est également dommage de constater que le profit nuit encore une fois à la diffusion de produits de qualité. La presse jeunesse joue en effet un rôle dans l’éducation, ne l’oublions pas! Télérama l’a d’ailleurs rappelé en décidant de faire grève la semaine dernière par solidarité avec Fleurus. Par conséquent, le fait que cette cession soit à peine évoquée aux informations quand on parle de la tempête que traverse le groupe Le Monde paraît invraisemblable. Les journalistes devraient pourtant avoir à coeur de défendre la presse jeunesse au lieu de la considérer, comme c’est malheureusement trop souvent le cas, moins « noble » que la presse quotidienne nationale ou magazine destinée aux adultes... Espérons que ceux d’entre eux qui s’y attèlent soient entendus! Virginie

samedi 12 avril 2008

Le livre noir de la jeunesse fait rire jaune


Ce n’est pas pour rien que Le livre noir de la jeunesse fait partie des références en sociologie. En effet, Michel Fize, que l’on a souvent l’occasion de voir sur le plateau de Jean-Luc Delarue ou de lire dans les colonnes des journaux nationaux, nous livre ici une réflexion très bien menée sur le statut des jeunes aujourd’hui. Dès les premières pages, le ton est donné : le jeune apparaît comme un être en devenir, un « sous-adulte » qui inspire à la fois mépris et envie, et souffre de discrimination. C’est l’âge qui semble représenter le fondement du pouvoir dans nos sociétés. Le verdict est donc sans appel : la jeunesse séduit, mais elle n’intéresse pas ! Du moins, en dehors de son statut de consommatrice.
En avançant des arguments historiques, l’auteur prouve que les jeunes forment finalement une minorité sans réels moyens de défense. Tout est fait pour qu’ils soient infantilisés et éloignés des responsabilités, que ce soit sur le plan de l’école, des loisirs ou politique. Leur émancipation est même de plus en plus tardive. D’abord parce qu’avec l’allongement de la durée des études, ils sont dépendants de leurs parents plus longtemps. Ensuite parce que la société propose traditionnellement à la jeunesse l’insertion par le travail et que cette tendance est en train de s’effondrer. En plus des chiffres affolants du chômage chez les jeunes, il faut compter sur tous ceux qui se trouvent en situation précaire : CES, CDD, intérim… Un débutant met quatre à cinq ans pour avoir une vie professionnelle stable. Les jeunes embauchés le sont parce qu’ils sont moins chers, plus malléables et plus mobiles. Et nombre de jeunes se voient refuser un emploi sous prétexte qu’ils n’ont pas d’expérience. Joli tableau !
Que reste-t-il alors à cette jeunesse ? Peut-être cette « culture jeune » dont on entend régulièrement parler depuis Woodstock. Et encore est-elle aujourd’hui très vite aspirée par le système et perçue la plupart du temps de façon négative – il n’y a qu’à penser au rap… bien que des efforts aient récemment été faits sur le traitement lié au phénomène de la tecktonik dans les médias. Elle peut tout de même se targuer de prendre sa revanche par sa facilité d’usage des nouvelles technologies, et surtout d’Internet.
Evidemment, le livre de Michel Fize a quelques défauts. Pourtant, pour une fois, les jeunes ne sont pas seuls pointés du doigt, même s’ils sont trop concentrés sur leur bonheur individuel pour changer la donne. Ce sont même les adultes qui culpabilisent en refermant le livre. On est loin de l’image véhiculée par les médias qui, quand ils nous montrent un jeune de banlieue qui s’en sort bien, soulignent que c’est assez exceptionnel pour qu’ils en fassent le portrait. A méditer…Emma

mardi 8 avril 2008

Manifestement intelligent…


Coup de chapeau au Monde des Ados, bi-mensuel dédié aux 10-14 ans, qui a proposé récemment un dossier de huit pages sur le racisme. Le sujet est délicat, pourtant le traitement est ici habile. Outre le message principal qui vise à démontrer qu’il n’existe pas plusieurs races mais bien une seule - la race humaine -, les journalistes se sont appuyés sur des faits ou personnages historiques, sur les propos de Lilian Thuram, footballeur apprécié des adolescents et dont on connaît l’engagement dans le combat contre le racisme, mais aussi sur des réflexions des jeunes lecteurs eux-mêmes. En effet, des encarts dispersés dans les différentes pages présentaient leurs témoignages. Une façon intelligente de les impliquer et de leur faire comprendre qu’ils peuvent y être confrontés au quotidien. L’occasion aussi de donner des exemples d’actes racistes malheureusement fréquents pour les habituer à ne pas les considérer comme « normaux ». Plus encore, le dossier vise à éviter les amalgames les plus courantes en définissant clairement les concepts de « xénophobie », « racisme », « ségrégation », « discrimination » et « antisémitisme »… petite mise au point qui pourrait parfois être utile chez les adultes.
Mais le plus original dans la démarche du magazine reste la publication du manifeste : « Je dis non au racisme », que les lecteurs doivent remplir, diffuser auprès d’un maximum de personnes et renvoyer à la rédaction : « Moi, XXXXXX, je m’engage à m’opposer à tout acte ou propos raciste dont je serai le témoin. Je m’associe donc à tous les lecteurs du Monde des Ados qui, comme moi, rejettent la haine ou le mépris de l’autre, et je rejoins aujourd’hui le mouvement Les ados contre le racisme. Pour que « Liberté », « Egalité », « Fraternité » ne soient pas de vains mots dans les collèges, je signe cette déclaration. » Les rédacteurs s’engagent en contrepartie à aborder régulièrement le sujet dans leurs pages. Au moins, ce titre a bien la vocation d’interpeller et de responsabiliser les jeunes. Même si l’école sensibilise à ce type de problématiques, elle le fait souvent sur la pointe des pieds pour ne pas provoquer de débats houleux et surtout froisser la susceptibilité de certains parents. Le Monde des Ados n’aura pas eu cette retenue et c’est tant mieux ! Sans doute parce que, comme Lilian Thuram le déclare dans son interview, ils adhèrent à l’idée selon laquelle l’éducation a un rôle primordial à jouer dans ce domaine : mal informé, il arrive qu’on ait des idées racistes sans l’être foncièrement. En tous cas, l’écrit citoyen, ça fait du bien ! Virginie, étudiante.

mercredi 2 avril 2008

A quand un boitier contre la malfaisance ?

Enfin de la création! Je connaissais les répulsifs contre les fourmis , les rats, les insectes , limaces et autres "nuisibles".
Un boitier électronique susceptible de faire fuir les moins de 23 ans....Géniale invention! Quelle réglementation????Et hop un boîtier dans le salon et plus besoin de conrôle parental! Un petit boitier dans la cuisine, et plus d'enfants qui grignotent n'importe quand... Et pourquoi pas un boitier pour les plus de 70 ans aux abords des centres médicaux, et hop le problème des retraites est résolu.
Qui inventera un petit boitier qui éloignent les gens en fonction de la mélanine...Du moins bronzé au plus bronzé: à chacun ses variations.
Quant à moi, j'ai 26 ans (ouf!)et je passe un concours dans deux semaines. La moitié des candidats à moins de 23 ans. J'en placerais bien, un petit boitier, dans la salle d'examens et 50% des candidats en moins! Heureusement, le débat est là . Pour discuter d'un projet plutôt malfaisant.Valentine.